_______ Des larmes et des larmes coulaient le long de mes joues. C'était comme un besoin, une nécessité. Mon nez se bouchait. Et les larmes devenaient des flots. J'étais prise de panique. Il y avait dans cette chaude nuit quelque chose de terrifiant. Pourtant, je ne cessais de pleurer à moitié endormie. & Mon double semblait vouloir mourir. Ma famille avait été decimée par un malade mental prêt à tout tuer sur son passage. Léger comme l'air, si discret et silencieux. Mes frères, mes parents. Personne n'avait échappé à son désir macabre. Et moi, qu'avais-je fait pour être épargnée ? Entrant dans la pénombre, je l'avais regardé se mouvoir dans ma chambre. Y avait-il quelque chose à faire ? C'est alors que je me suis mise à parler, parler si vite, de ma vie et de demain, qu'il ne cessait de m'observer. J'étais assise sur mon lit, prête à recevoir une balle silencieuse. Assise comme une condamnée. Et pourtant, il ne faisait rien ; pas un geste, pas une parole. Rien que de me regarder. Alors, sans même m'y attendre, sans même y avoir penser, je l'ai vu s'agenouiller à mes pieds et soulever son gros pistolet. A sa tempe. Il me fixait de ses grands yeux, et la lune l'éclairait par la fenêtre. Et puis. Et puis, il a appuyé. Comme un PAF! Un bruit sourd. Et ses yeux se révulsaient, et le sang me giclait à la figure, et il s'écroulait par terre, et du sang coulait sur son front, et je hurlais, je hurlais à me péter les tympans. Je hurlais comme une damnée, je criais. J'étais la seule personne vivante dans cette putain de maison. J'étais seule, je n'avais plus rien. Plus aucune raison d'exister, plus rien.
_______ Et je me réveillais en pleurs. 1h30.

# Posté le mardi 03 novembre 2009 08:57


________ Les joues en feu, le coeur au bord des lèvres. Rien n'est assez fou pour me convaincre aujourd'hui que je pars dans la mauvaise voie. Merde, je m'en fiche. C'est has been chérie. & Voilà. Tu vois, j'y vais avec le sourire. J'y cours même. Je m'essouflerai, mais je ne me perdrai pas. Il n'y a aucune raison que je prête l'oreille à toutes ces messes basses puériles. Je m'en vais le voir, avec ou sans ton approbation. Car ils sont revenus. Alors que je les avais condamnés aux oubliettes. Mes paroles n'étaient que du venin leur étant destinées. Je les haïssais pour ce qu'ils m'avaient fait. Ou plutôt pour ce qu'ils ne me faisaient plus. Et voilà qu'ils reviennent avec leurs magnifiques chevaux hybrides, & qu'ils essaient de me charmer avec leurs tours de ménestrels. En vain. Oui, j'ai résisté en vain. Car me voici de nouveau à genoux. Je suis redevenue l'esclave de leur ombre. Tanpis. J'aime ça. Je m'y contrains. Je m'y dévoue. Je m'y perds. Et c'est la jouissance suprême. Mes rêves les accompagneront jusqu'à ce que je le retrouve. Jusqu'à ce que j'aperçoive ses cheveux noir de jais. Jusqu'à ce que je pleure. Je pleurerai, & tu pleureras. Riez. Pendant qu'il est encore temps. Car vos rires ne feront qu'alimenter notre foi.
Je suis une survivante de leur éviction.

# Posté le lundi 02 novembre 2009 08:19

Modifié le lundi 02 novembre 2009 08:40


J'ai avalé comme une hyperphage des flots et des flots de paroles, d'images et de sons. J'ai fait comme j'ai pu pour tout enfouir dans ma bouche. Mes lèvres craquaient. J'avalais, je m'abrutissais. Mon ventre se mettait à émettre des bruits assourdissants. Ma connerie fût de l'écouter. Alors, des rêves pleins les oreilles, des papillons s'envolaient autour de moi ; je tombais par terre. Le courant était trop fort. Je finissais à genoux, prête à rendre ma vie au dieu tout puissant. Mais non. Non, je ne recracherais pas ! C'étaient mes souvenirs. Mes amis. Mon coeur. Et puis le vent est venu. Il a balayé tout sur son passage. J'étais assise en tailleur, me balançant d'avant en arrière. Et le vent. Mais je souriais intérieurement. Car il ne pouvait emporter avec lui ce que je gardais en moi. Ce que je garderais toujours.


Ma mélancolie est une force.
_____________ Ou l'une de mes meilleures faiblesses.

# Posté le vendredi 30 octobre 2009 10:17

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 10:36

On recommence. Parce que c'est une mode chez l'être humain. On recommence, ça vaut mieux que de panser ses blessures.

On recommence. Parce que c'est une mode chez l'être humain. On recommence, ça vaut mieux que de panser ses blessures.


J'ai jamais prétendue être surhumaine. D'ailleurs, les hybrides ne pleurent pas. & Moi, je pleure plus souvent qu'il le faudrait. Et puis, moi j'ai un coeur qui bat. Plus fort que je ne le voudrais. Alors arrêtez de me regarder avec espoir. Car moi, je n'en ai plus. Plus assez. Jamais assez.


"Je meurs déjà, tous les jours. Chaque seconde, je m'en approche. Je vieillis."

J'ai un rêve : le 14 avril 2010 perhaps.

# Posté le jeudi 29 octobre 2009 17:48

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 12:45