_______ Des larmes et des larmes coulaient le long de mes joues. C'était comme un besoin, une nécessité. Mon nez se bouchait. Et les larmes devenaient des flots. J'étais prise de panique. Il y avait dans cette chaude nuit quelque chose de terrifiant. Pourtant, je ne cessais de pleurer à moitié endormie. & Mon double semblait vouloir mourir. Ma famille avait été decimée par un malade mental prêt à tout tuer sur son passage. Léger comme l'air, si discret et silencieux. Mes frères, mes parents. Personne n'avait échappé à son désir macabre. Et moi, qu'avais-je fait pour être épargnée ? Entrant dans la pénombre, je l'avais regardé se mouvoir dans ma chambre. Y avait-il quelque chose à faire ? C'est alors que je me suis mise à parler, parler si vite, de ma vie et de demain, qu'il ne cessait de m'observer. J'étais assise sur mon lit, prête à recevoir une balle silencieuse. Assise comme une condamnée. Et pourtant, il ne faisait rien ; pas un geste, pas une parole. Rien que de me regarder. Alors, sans même m'y attendre, sans même y avoir penser, je l'ai vu s'agenouiller à mes pieds et soulever son gros pistolet. A sa tempe. Il me fixait de ses grands yeux, et la lune l'éclairait par la fenêtre. Et puis. Et puis, il a appuyé. Comme un PAF! Un bruit sourd. Et ses yeux se révulsaient, et le sang me giclait à la figure, et il s'écroulait par terre, et du sang coulait sur son front, et je hurlais, je hurlais à me péter les tympans. Je hurlais comme une damnée, je criais. J'étais la seule personne vivante dans cette putain de maison. J'étais seule, je n'avais plus rien. Plus aucune raison d'exister, plus rien.
